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Cette conférence est concue comme un épilogue : à la fois le verso du cours proprement dit, et une conférence indépendante pouvant être destinée à un public qui n'a pas suivi, en totalité ou partiellement le cours de Nantes Histoire.
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Même si Nantes-Histoire fait appel pour ce débat aux trois conférenciers du cours public, Alain Croix, Roland Depierre et Vincent Joly, il ne s'agit évidemment pas d'embrasser toute la réalité chinoise en une heure et demie.
Plus simplement, c'est l'occasion de contribuer à la réflexion du citoyen sur le regard que nous portons sur la Chine : nous, simples citoyens ; nous, les médias ; nous, les femmes et hommes politiques, les femmes et hommes d'affaire ; nous, les "spécialistes". De relever le poids de nos ignorances et de nos a priori, parfois ancrés dans un passé très ancien. De mesurer aussi les conséquences qu'ont ces regards et ces pesanteurs sur les relations de tous ordres entre les deux pays.
Une approche qui sera complétée le 8 mars par un regard chinois, celui de Zheng Li Hua...

Comme son musée qui a la forme d’un tripode sacré antique, la Chine contemporaine voudrait donner à voir sa modernité dans un langage qui lui serait propre, refusant qu’on la réduise à des formes occidentales que nous aurions explorées et dépassées (soit l’horreur économique d’un capitalisme sauvage, soit l’horreur politique d’un totalitarisme sans frein). De toute façon, ce miroir réfléchit l’image inquiétante d’un avenir marqué par notre déclin. Bref, après l’avoir longtemps nié, nous avons du mal à nous réjouir de son réveil qu’il soit économique, démographique, technologique, sportif, médiatique ou diplomatique.
La Chine au contraire semble découvrir les icones de la puissance et les bijoux du succès avec un ravissement et une assurance qui nous inquiètent. Son softpower nous paraît une ruse de soupirant, dissipant mal les relents ombrageux d’un nationalisme du ressentiment. Son confucianisme nous semble être le packaging de pacotille d’un pouvoir mis à nu à la recherche d’une légitimité introuvable. Une castafiore ..indiscrète.
Nous nous interrogerons donc sur ces faux semblants respectifs.
ZHU Xiaomei (autobiographie ) La Rivière et son secret, Robert Laffont, 2007.
CHEN Yan, Ecrits édifiants et curieux sur la Chine du XXI° siècle, L’aube, 2003.
Léon VANDERMEERSCH, Le nouveau monde sinisé, PUF, nouvelle édition, 2007.
Mark LEONARD, Que pense la Chine ? Plon 2008.
Pascal LOROT, Le siècle de la Chine, Choiseul, 2007.
J-L. ROCCA (dir.) La société chinoise vue par ses sociologues, Les Presses de Sc.Po,2008.
GUO Yuhua (dir.) La Nouvelle Sociologie chinoise, CNRS Editions, 2008.
MURRAY Geoffrey, Le rêve vert de la Chine, China Intercontinental Press, 2004.
J-P. BEJA, A la recherche d’une ombre chinoise, la démocratie, Seuil, 2004
Qu’on l’entende comme l’épopée de la Révolution chinoise (1927-1976), comme le recouvrement du destin de la Chine Nouvelle à travers la République Populaire (1949-1976) ou comme les Turbulences de la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne, la Chine de Mao fascine et inquiète à la fois. Mais cette double réaction ne s’inscrit-elle pas dans le mouvement de balancier sinophilie/sinophobie que nous avons observé depuis les premiers contacts avec ce continent d’Extrême-Orient ?
Elle s’enracinerait d’abord de nos propres constructions imaginaires. Il faudrait à cet égard interpréter les « maoïsmes » occidentaux comme des manifestations caractéristiques de nouvelles passions françaises. Pourtant leur pleine compréhension requiert un ‘deuxième retour de Chine’, critique et historique que nous entreprendrons à travers quelques moments décisifs de l’histoire chinoise contemporaine.


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Jean BABY, La grande Controverse sino-soviétique (1956-1966), Grasset, 1966.
Jean DAUBIER, Histoire de la Révolution culturelle, Maspéro, 1970.
Jacques JURQUET, la crise de mai 68, Editions Git-le-cœur, 1968.
Patrick KESSEL, Le mouvement ‘maoïste’ en France, 10-18, 1978.
Gilbert MURY, La Révolution Culturelle chinoise, 10-18, 1972.
Roderick MACFARQUHAR, La dernière révolution de Mao, Nrf, Gallimard,2009.
Yongyi SONG Les massacres de la Révolution Culturelle, Buchet Chastel, 2008.
Caroline ASTOLOPOULOS (ed.) Les Années 68, Edtions Syllepse, BDIC, 2008.
Philippe ARTIERES (dir ;) 68, une histoire collective, La Découverte, 2008.
Serge AUDIER, la pensée anti-68, La Découverte, 2008.
Jacques CAPDEVIELLE, Dictionnaire de mai 68, Larousse,2008.
Alain DELALE, La France de 68, Seuil, 1978.
Si elle est pour nous la preuve de l’aveuglement d’une puissance impériale et la manifestation crue de la surdité de la Chine aux exigences de notre époque, la question du Tibet est, en Chine, une question «occidentale» au sens où «nous» en serions les créateurs et surtout les instigateurs.

Est-il possible d’apporter quelques éléments pour permettre aux deux plaidoiries d’engager un effort de compréhension, condition d’un dialogue et d’une éventuelle réponse ?
Mythe orientaliste, ici, pays en danger de «génocide culturel» là, les accusations méritent d’être exposées, mais surtout reconnues les réalités historiques.
W Jiawei & N Gyaincain |
G Van Grasdorff |
Revue |
R A Stein |
R-P Droit |
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China International Press, 2000 |
Perrin, 2006 |
2009 numéro 3 |
Dunod, 1962 |
Hermann, 2009 |

Confrontée aux stratégies différentes mais coordonnées des Huit puissances impérialistes, les élites chinoises vont tenter successivement et concurremment différentes voies pour garantir la survie de l’empire, ou celle de la nation, ou celle de la «race» ou encore celle du peuple.
Comment surmonter l’aliénation coloniale, assurer la modernisation en composant avec l’occidentalisation sans perdre à la fois sa puissance et son âme ?
Après avoir repéré les indices de la colonisation occidentale, dans les domaines des mœurs, de la culture ou de l’économie, nous suivrons sept hautes figures historiques permettant de saisir l’éventail des solutions réformistes ou révolutionnaires que «la révolution chinoise» va expérimenter ou récuser au début du XX° siècle.
Nous nous demanderons en particulier si l’occidentalisation fut une violence subie ou une mutation choisie.
Zhang Chi Chine et modernité |
Kao Chung Ju Le mouvement intellectuel en Chine et son rôle dans la révolution chinoise |
Roland Lew L'intellectuel, l'État et la révolution |
Jacques Guillermaz Histoire du parti Communiste Chinois |
Lucien Bianco Les origines de la révolution chinoise |
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Edit.You Feng,2005 |
Edit.Saint Thomas, 1957 |
L'Harmattan, 1997 |
Payot |
Gallimard |
Avec les Guerres de l’opium et l’étreinte impérialiste qui enserre l’Empire sino-mandchou, l’imagerie populaire va encore noircir –ou jaunir- la figure médiatique du Chinois. Le Céleste n’est pas un nègre, ni un Turc, ni un Arabe; il n’a jamais été un naturel ni un sauvage. S’il devient un indigène, il reste l’héritier ingrat d’une vieille civilisation. Mais cette reconnaissance s’adresse à une culture décadente, dépravée, en décomposition que la présence occidentale devrait purifier par la conversion chrétienne, revivifier par l’emprise économique et rehausser par une transfusion scientifique et technique. Cruauté (les supplices), obscurité (les superstitions), perfidie (la xénophobie cachée sous le sourire), passion dévorante (sexualité et cupidité), prolifération (le péril jaune), les clichés de l’exotisme colonial ne sont pas vraiment inventifs. Même quand ils se pareront de la rhétorique scientifique.
Pourtant la civilisation chinoise va faire l’objet recherché d’un exotisme culturel sinon spirituel, raffiné : la méditation bouddhiste (Alexandra David-Neel), les arts graphiques, l’insondable historiographie, l’étrangeté scripturaire vont réinventer le ‘voyage à la Chine’ des amateurs orientalistes (Chavannes, Guimet). Cette sinophilie ouvrira la voie à un nouveau type de savoir : la sinologie avec l’œuvre érudite de Marcel Granet ou de Max Weber.
A travers les figures successives de Pierre Loti, Victor Segalen et André Malraux, nous verront se construire puis s’effacer les traits d’une altérité culturelle peut-être plus édifiante sur nos propres inquiétudes que sur les aspirations des élites chinoises (Cours 11).
Muriel Détrie |
Pierre Loti |
Victor Ségalen |
André Malraux |
Marcel Granet |
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Le voyage en Chine |
Les derniers jours de Pékin |
Le fils du ciel |
René Leys |
La tentation de l'occident |
La civilisation Chinoise |
La pensée Chinoise |
Activité économique débridée dans les concessions, affaires juteuses dans le pays, flot de missionnaires catholiques et protestants, occidentalisation de quelques villes corrompues.
Et très logiquement sursauts nationaux, parfois xénophobes, de la population : cette histoire ne nous est connue que dans ses aspects les plus spectaculaires (les Boxers, les «55 jours de Pékin», Shanghaï, le «Paris de l'Asie» dans les années 1920-1930, alors qu'il s'agit tout simplement d'une tentative de colonisation.
Spécialiste de l'histoire de la colonisation, Vincent Joly est professeur d'Histoire contemporaine à l'université Rennes 2/Haute-Bretagne.
Quasiment ignorée de tous les manuels scolaires français, la date de 1840 marque au contraire, en Chine, une rupture décisive : le passage entre l'histoire « ancienne » (depuis la préhistoire) et l'histoire moderne. 
Et de même le mandarin Lin, héros de 1840, est-il connu, aujourd'hui encore, de presque tous les Chinois. Voilà bien un exemple, caricatural, de la différence de perception de l'histoire.
De quoi s'agit-il ? D'une guerre menée par l'Angleterre pour imposer à la Chine l'importation d'opium : oui, une guerre pour imposer le trafic de la drogue.
Une guerre prolongée par une deuxième, vingt ans plus tard, dans laquelle la France s'illustre aux côtés de l'Angleterre. Ces guerres de l'opium contraignent la Chine à céder des parties de son territoire (Hong-Kong, les concessions...), et elles consacrent le renversement du rapport des forces entre l'Occident et la Chine.
Spécialiste de l'histoire de la colonisation, Vincent Joly est professeur d'Histoire contemporaine à l'université Rennes 2/Haute-Bretagne.
L'Occident lettré, l'Occident aisé s'est passionné pour la Chine, jusqu'à l'idolâtrie : cela mérite, d'abord, une explication.
Cela se vérifie bien à travers les idées des philosophes des Lumières, qui rêvent ainsi d'inoculer en France l'esprit chinois... Et qui font si bien que l'Occident introduit des pratiques chinoises encore en vigueur aujourd'hui, à l'exemple de la pratique tellement françaises des concours de recrutement.
Comment expliquer alors que l'opinion soit passée de cette sinophilie militante à une sinophobie devenue virulente avec le temps, au fil du 18e siècle ?
Derrière «le peuple le plus fourbe de la terre» et «les plus stupides des Asiatiques», l'Occident a en fait réglé ses comptes avec lui-même, et instrumentalisé la Chine pour conduire à ses évolutions mais aussi ses révolutions.
Quelle histoire !
Oui bien sûr, «nous» allions chercher en Chine la soie et la porcelaine, et tant d'autres produits de luxe. Mais bien plus que cela, avec l'extraordinaire histoire du thé. Et avec des effets spectaculaires sur le niveau de vie en Chine...
Mais il s'est développé aussi en Occident, à partir de la fin du 17e siècle surtout, un «goût de la Chine» dont nous avons largement oublié l'ampleur. Les plus grands artistes, les plus grands écrivains, des compositeurs illustres, des artisans de génie produisent dans le «goût chinois». Des mécènes aristocratiques se passionnent au point d'investir des sommes folles dans la recherche des techniques de la porcelaine.
Les jardins chinois sont le comble de la mode chez les plus fortunés.
Jusqu'aux pires excentricités : l'importation de poissons rouges chinois ou le déguisement des jardiniers en jardiniers chinois.
Jusqu'au jour où la Chine passe de mode, annonçant le grand renversement du regard porté sur l'Autre...
Lecture conseillée pour le cours n°6 : Dawn JACOBSON, Chinoiseries, Phaïdon, 1993

Oui bien sûr, il s'agit de rêver à tout ce qu'évoque le simple nom de la Compagnie des Indes, entre Nantes et Lorient. Mais il s'agit aussi d'évoquer les terribles réalités maritimes.

De parler d'argent, aussi. De concurrence farouche entre Européens. De la toute-puissance des compagnies hollandaise et anglaise. Du retard des Français.
Le plus passionnant tient cependant dans la manière dont les choses se passent en Chine. Pas du tout comme nous l'imaginons ou comme nous l'avons appris, dans une vision très occidentale des choses.
Un commerce totalement contrôlé par les Chinois, et non par les Occidentaux. Jusqu'à ce que les choses se dérèglent peu à peu, en annonçant ce qui sera plus tard l'infâme commerce de l'opium, et ce que seront les "traités inégaux" qui imprègnent encore le regard porté par les Chinois sur l'Occident...
Bibliographie pour le cinquième cours :
Philippe HAUDRÈRE et Gérard LE BOUËDEC,
Les compagnies des Indes, Ouest-France 2001, 23 €
L'histoire est bien sûr celle d'un rêve missionnaire, celui des jésuites et de quelques autres.

Mais c'est surtout celui d'une aventure culturelle : quelles méthodes utiliser pour convertir les Chinois ? Jusqu'où adapter le catholicisme à la culture chinoise, à Confucius, au culte des ancêtres ? La réponse à cette question n'est venue qu'au bout de 60 ans d'une "querelle des rites" dont l'issue pèse encore aujourd'hui sur les orientations de l'Eglise catholique.
Et, plus encore, cette histoire est celle d'échanges culturels dont les traces se mesurent toujours : échanges techniques, scientifiques, artistiques qui sont à l'origine de la passion occidentale pour la Chine.
Lectures conseillées :
Pour le quatrième cours
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René ÉTIEMBLE, les jésuites en Chine. La querelle des rites, 1552-1773 Julliard, 1966. Vénérable par sa date, mais reste une bonne synthèse. |
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Michel BEURDELEY, Peintres jésuites en Chine, Anthèse, 1997. Oeuvre d'un collectionneur execptionnel, et une magnifique illustration. |

L'histoire d'une redécouverte : il faudra un siècle pour que les Occidentaux comprennent que la Chine est bien la même chose que le Cathay de Marco Polo !

L'histoire d'un zèle intéressé et parfois si maladroit qu'il en résulte des catastrophes : nous parlerons beaucoup de Portugais, et un peu de premiers missionnaires.
Et puis surtout, ce 16e siècle voit se mettre en place de nouveaux circuits commerciaux, les Européens tentant de s'introduire dans un univers incroyablement actif, celui d'une « Méditerranée chinoise » au fonctionnement complexe, entre le « circuit de Java », les îles Philippines et la piraterie japonaise.
Et cela dans un contexte de rivalité parfois féroce entre Portugais, Espagnols et Hollandais.
Lectures conseillées, pour le troisième cours
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Fernão MENDES PINTO
Pérégrination
La différence,
1991
20 € |
D'un siècle de relations directes entre l'Occident et la Chine, nous ne connaissons en général qu'un nom, Marco Polo, et un peu de son Livre des Merveilles.

Ces aventures pourtant extraordinaires sont tellement oubliées que même les missionnaires renouant avec la Chine au 16 e siècle n'en ont pas connaissance !
Il s'agit donc de présenter ce qu'on fait des moines et des marchands (dont la famille Polo), dans quelles conditions, et pourquoi ces relations ont pris fin au milieu du 14 e siècle.
Et puis bien sûr, et surtout, d'exposer le regard porté sur la Chine : regard éberlué, extasié, critique, plein d'illusions.
Sans jamais perdre de vue la dimension humaine qui conduit l'orfèvre parisien Guillaume Boucher à Karakorum, en Mongolie, ou l'ambassadeur de Chine Rabban bar Sauma à Paris ...

Lectures conseillées, pour le deuxième cours
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*Jean-Pierre DRÈGE, Marco Polo et la route de la soie, Découvertes Galimard, 1989, 14 € Petit ouvrage abondamment illustré dont le sujet est plus vaste que le titre, puisqu'il porte sur les voyageurs du 13 e au 17 e siècle. |
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*Guillaume de RUBROUCK, Voyage dans l'Empire Mongol (1253-1255) Imprimerie nationale, 1997, 49 €. Pour un récit de voyage « Missionnaire », magnifiquement illustré. |
Ce cours introductif rappelle quelques-uns des principaux mythes dont nous sommes porteurs,
de la route de la soie

aux 55 jours de Pékin,

les inscrit dans leur contexte, et souligne les enjeux citoyens. Nous sommes donc pleinement dans la démarche de l'association Nantes-Histoire : contribuer à une meilleure réflexion du citoyen sur les enjeux d'aujourd'hui et de demain.
Le cours tente également de répondre à deux questions fondamentales : pourquoi les initiatives occidentales en direction de la Chine, et pourquoi le discrétion chinoise ?
Enfin, il livre quelques grands jalons de l'histoire chinoise, indispensables puisque, ensuite, il s'agira bien d'évoquer non pas l'histoire de la Chine, mais les relations entre la Chine et nous.
Le cours public de Nantes-Histoire repose sur un dialogue entre le conférencier et le public : 30 minutes sont prévues pour le débat. Or nous sommes souvent peu au fait de l’histoire des relations entre l’Occident et la Chine, sans parler de l’histoire de la Chine, ce qui peut paralyser l’échange. Voilà pourquoi Nantes-Histoire conseille quelques lectures, qui ne constituent aucunement un tableau d’honneur, d’autant que nous en avons écarté les travaux trop universitaires, pourtant souvent essentiels ! Un astérisque désigne les ouvrages qu’il est toujours possible d’acquérir (avec mention de leur prix). Et les autres sont consultables à la Médiathèque…
Pour l’ensemble du cours
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*Jacques GERNET, Le monde chinois, Armand Colin (édition complète, 73€, ou édition de poche en 3 volumes, 27€).
La meilleure synthèse sur la Chine, régulièrement rééditée (et actualisée) depuis 1972. |
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*Ninette BOOTHROYD et Muriel DÉTRIE, Le voyage en Chine. Anthologie des voyageurs occidentaux du Moyen Âge à la chute de l’empire chinois, (coll. Bouquins, 1992, 30 €). Une somme, dans laquelle chacun picore à son goût… Et, pour un exemple précis, un vrai roman d’aventures en même temps qu’un classique de la littérature portugaise, dont il sera question dans le cours bien entendu . |
Le principe est simple : utiliser l'histoire pour décrypter l'actualité.
Goulven Boudic est maître de conférences de Sciences politiques à l'Université de Nantes, et membre du comité de rédaction de la revue Place publique. |
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Le débat est animé par Thierry Guidet journaliste et directeur de cette revue. |
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La première élection du Parlement européen au suffrage universel direct en 1979 fut considérée comme une étape essentielle, « historique » dans la construction européenne. Censée marquer la démocratisation d’un système politique original et inédit, cette institution souffre toutefois de toute évidence aujourd’hui d’une faible identification par les citoyens. Cette faiblesse n’est pas exclusivement française, comme l’attestent, au-delà des seules frontières nationales, les désaffections croissantes des électeurs et la montée continue de l’abstention aux différents scrutins qui se sont succédés depuis 1979, y compris semble-t-il dans les pays dont l’adhésion est la plus récente.
Faut-il y voir une défiance généralisée à l’égard de toutes les formes de représentation, ou, en d’autres termes, l’expression d’une « crise de la représentation » qui affecterait l’ensemble des institutions démocratiques ?
Faut-il y voir un phénomène spécifique liée à l’histoire du Parlement européen ? Comment concevoir à la fois la montée en puissance progressive de ce Parlement européen, tant en ce qui concerne l’étendue de ses compétences que celle de ses pouvoirs, et cette désaffection croissante ? Comment replacer le Parlement européen dans l’histoire plus longue du parlementarisme et des modèles parlementaires ? L’opposition de deux modèles, l’un, plus consensualiste et technique, l’autre, plus conflictuel et politique, permet-il d’envisager des projets de réforme ?
Notre invité envisage de croiser ces différentes approches et ces différentes questions, pour éclairer le débat sur une hypothétique « citoyenneté européenne ».
L'idée demeure d'éclairer un grand problème d'actualité par une démarche historique. Après la question antillaise en mars, voici celle de l'Université.
Mais que se passe-t-il donc dans les universités pour qu'un mouvement revendicatif y soit aussi long, aussi général, et longtemps aussi unanime ?
Quels changements posent donc autant problème ? Que veut donc dire "autonomie des universités", et cette notion est-elle une nouveauté dans notre pays ? et en Europe ? Qu'est ce que cette question de "formation des maîtres", et les décisions gouvernementales marquent-elles donc une rupture ? Qu'en était-il voici vingt, cinquante, cent ans ?

Peut-on penser l'Université d'aujourd'hui en oubliant son lien avec la société ?
Oublier le choix d'une université de masse ? Mais quand et pourquoi ce choix a-t-il été fait ?
Les universités sont-elles les lieux d'une démocratie idéale voire d'une autogestion, ou les lieux d'un conservatisme maintenu par des féodalités... ou par des syndicats ?
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Et, quelles que soient les réponses, comment expliquer cette situation ? Ce que Nantes-Histoire propose est à l'opposé de ce que certains médias voudraient nous imposer. Il ne s'agit pas, tout d'un coup, de se prononcer "pour" ou "contre" une "réforme" érigée comme une valeur en soi, mais d'aider à réfléchir avec le recul nécessaire : le contexte du temps, et celui de l'espace européen dans lequel nous vivons. |
Certaines de ces questions, et bien d'autres -- puisque c'est vous qui décidez de la soirée, après une brève
intervention liminaire de notre invité -- seront abordées par Jean-Pierre Lethuillier.Historien, universitaire, placé en outre en un point d'observation que l'actualité a souvent mis en avant (Rennes), il mettra son expérience et son savoir à notre disposition.
Le débat sera mené par Didier Guyvarc'h, lui aussi historien et universitaire, et longtemps président de Nantes-Histoire.
Pour le premier café-histoire de Nantes-Histoire, consacré à la question des îles françaises des Caraïbes (Martinique, Guadeloupe...), Nelly Schmidt et Oruno Lara ont tenu le public en haleine pendant deux heures : il a fallu interrompre le débat...
Des dizaines de questions, des témoignages, ont suivi leur courte intervention liminaire : le poids de l'héritage colonial, l'absence ou quasi-absence d'une connaissance de leur histoire par les habitants, les rapports économiques et sociaux, la question de la langue (le créole et le français), le rôle des écrivains, le poids de la mémoire...
Nelly Schmidt a conclu en soulignant que, historienne, elle était attachée au devoir d'histoire : la mémoire fait partie du vécu, elle est donc évidemment prise en compte par les historiens, mais c'est bien d'histoire que nous avons tous besoin pour mieux comprendre qui nous sommes, et bâtir notre avenir.

Alain Croix, qui animait cette première séance, a rappelé la date du prochain café-histoire, le lundi 27 avril de 20 à 22 heures au même lieu (café Le Flesselles), et a précisé que le thème en était bien évidemment encore inconnu, puisque dépendant de l'actualité !
La discussion sera lancée puis nourrie par les réponses de Nelly Schmidt et de Oruno D. Lara. Cette séance sera animée par Alain Croix.
Directrice de recherche au CNRS, historienne, |
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Directeur du Centre de recherches Caraïbes-Amérique |
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Nelly Schmidt |
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Oruno D. Lara |
Publications récentes :
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Histoire du métissage. Alain Corbin, 2003 |
L'abolition de l'esclavage : cinq siècles de combats, XVIe-XXe siècles. Fayard, 2005 |
La France a-t-elle aboli l'esclavage? Guadeloupe,Martinique, Guyane, 1830-1935. Perrin, 2009 |
La colonisation aussi est un crime. De la destruction du système esclavagiste à la reconstruction coloniale. L'Harmattan, 2005 |
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Ce débat aura lieu au café «Le Flesselles», 3 allée Flesselles à Nantes, à deux pas du croisement des lignes de
tramway 1 & 2, arrêt "commerce" dans la salle du premier étage.
Accès libre - limité à 100 personnes - (unique condition : une consommation), un animateur/une animatrice pour jouer le rôle de Monsieur Loyal, une/un «spécialiste» pour apporter, au départ, un minimum d'informations solides. Et la suite dépend des participants !
Les thèmes dépendent de l'actualité ! Le sujet précis de chaque café-histoire sera indiqué sur ce site entre 10 et 15 jours avant la date fixée.
La construction de l'Union européenne a conduit les Etats membres à définir des règles communes en matière d'immigration. Depuis les accords de Schengen (1985) et le traité de Maastricht, les règles relatives aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers, à la délivrance des visas, à l'attribution de l'asile politique, à la lutte contre l'immigration irrégulière sont de la compétence de la communauté européenne. Parallèlement les Etats ont pris des mesures pour faciliter la circulation des citoyens au sein de l'Union. De façon générale, deux objectifs sont ainsi poursuivis par les dirigeants européens : créer une frontière extérieure commune et mettre en place une liberté de déplacement à l'intérieur de cette frontière. Malgré les efforts d'harmonisation des politiques, des différences importantes demeurent en matière de politique migratoire entre les Etats du fait de leur situation géographique, de leur tradition, de leur démographie...
La conférence permettra de faire un bilan de la politique européenne en matière d'immigration, d'en discuter les fondements, de souligner les difficultés qu'elle rencontre et de présenter les débats qu'elle suscite.

Directeur de recherches au C.N.R.S. (université de Paris Panthéon Sorbonne), Patrick Weil est l'un des plus grands spécialistes de l'immigration en France et l'auteur de nombreux ouvrages dont :
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La france et ses étrangers. L'aventure d'une politique de l'immigration de 1938 à nos jours, Paris, Gallimard, folio histoire, 2005 |
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Qu'est-ce qu'un Français ? Histoire de la nationalité française depuis la Révolution, Paris, Gallimard, folio histoire, 2005 |
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Liberté, égalité, discrimination. L'identité nationale au regard de l'histoire, Paris, Grasset, 2008 |
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Comment interpréter le phénomène Berlusconi ?
Est-il l'expression d'une montée du populisme que l'on retrouve sous des formes diverses dans beaucoup d'autres pays européens ?
Ou encore un effet des transformation des partis, des identités partisanes et des formes de la mobilisation politique à l'heure de la "démocratie d'opinion" ?
Nous discuterons ces hypothèses en parcourant l'histoire récente de l'Italie et en étudiant la manière dont l'entreprise politique berlusconienne s'est affirmée et consolidée dans l'espace social et politique depuis le milieu des années 1990.
Jean-Louis BRIQUET est directeur de recherches au CNRS (CERI-Sciences Po, Paris). Ses recherches portent sur les pratiques politiques officieuses (clientélisme, corruption, mafia) ainsi que sur l’histoire politique de l’Italie républicaine, plus particulièrement sur la crise et la recomposition de son système politique dans la période "berlusconienne".

Quelques ouvrages:
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Jean-Louis Briquet, Mafia, justice et politique en Italie. L'affaire Andréotti dans la crise de la République (1992-2004), Paris, Karthala, 2007 |
Eric Jozsef, Italie. Les années Cavalière. De Berlusconi à Berlusconi, Paris, Editions du Cygne, 2008 |
Marc Lazar, L'Italie à la dérive. Le moment Berlusconi, Paris, Perrin, 2006
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Hervé Rayner, L'Italie en mutation, Paris, La Documentation française, 2007 |
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Régulièrement, la Belgique défraie la chronique politique par les crises ministérielles qu'elle connaît.
Le pays semble devenu ingouvernable du fait de l'opposition grandissante entre Flamands et Wallons et chacun se plaît à parier sur son éclatement prochain.
Grâce à l'évocation de l'histoire politique, économique et culturelle de la Belgique, on essaiera de comprendre les raisons de ces tensions et on cherchera à en dégager les significations pour l'Union européenne, dont l'une des capitales est aujourd'hui située à Bruxelles.
Dominique Le Page, est maître de conférences en Histoire moderne à l'université de Nantes et membre du conseil d'administration de Nantes-Histoire.
Quelques publications de références :
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Marie-Thérèse Bitsch, Histoire de la Belgique de l'Antiquité à nos jours, éd. Complexe, 2004. |
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Yves Manhès, Histoire des Belges et de la Belgique, Vuibert, collection "Mémoires des nations", 2005. |
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Pierre-Yves Monette, Belgique où vas-tu ? Entretiens avec Christian Laporte, Mardaga, 2007. |
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Avec 10 millions de personnes, les Roms et Tsiganes forment en Europe une population plus importante que celles de nombreux Etats. Ils ne sont pas inconnus, car on en parle presque quotidiennement, mais ils sont méconnus, la connaissance qu'on en a passant à travers le filtre des préjugés et stéréotypes, et l'information qu'on en donne étant souvent (re)configurée dans le cadre de discours politiques qui mettent en exergue seulement les éléments qui viennent étayer leurs propres arguments et justifier les actions menées.
Les Roms et Tsiganes sont au cœur d'une Europe marquée par un développement de la mobilité, par l'émergence des minorités, et par une situation de multiculturalité que les Etats s'efforcent de gérer. Leur situation est caractéristique de ce que l'Europe a de plus négatif, en termes de discrimination exacerbée, de rejet, de racisme, d'impuissance à accepter et à gérer la diversité. Mais, par leur présence dans tous les Etats et leurs liens transnationaux, ils sont les pionniers d'une Europe future. Suprême paradoxe que ces relégués soi-disant anachroniques et qui vivent selon les valeurs de demain.
Les Roms et Tsiganes sont des passeurs de frontières, mais aussi des interrogateurs de frontières. Présents politiquement depuis des siècles dans des Etats qui réagissent à leur contact, peut-on dire qu'ils sont enracinés géographiquement ? Et si s'attache à eux l'image d'un nomadisme plus ou moins romantique, la réalité n'est-elle pas avant tout une mobilité induite par le rejet des populations dans lesquelles ils se trouvent immergés? En 2008 comme au Moyen-Âge, les Etats comme les collectivités locales se les renvoient. Et dans une Europe qui se voudrait sans frontières, certains Etats veulent aujourd'hui restreindre la circulation des citoyens roms.
Les Roms sont ainsi les premiers promoteurs d'une libre circulation qu'ils pratiquent depuis des siècles, et les analyseurs des politiques qui en bloquent la réalisation pratique.
Jean-Pierre Liégeois est enseignant (sociologie) à l’Université Paris Descartes où il a fondé en 1979 et dirigé jusqu'en 2003 le Centre de recherches tsiganes. Il fait actuellement partie du GEPECS - Groupe d'Etude pour l'Europe de la Culture et de la Solidarité. Depuis le début des années 1980 il a travaillé en étroite collaboration avec le Conseil de l’Europe et avec la Commission européenne.
En 1983 il a organisé pour le Conseil de l’Europe le premier séminaire européen concernant la formation des enseignants travaillant avec des enfants tsiganes, puis en 1984 la Commission européenne l’a chargé de réaliser la toute première recherche européenne concernant les Roms. Elle portait sur l’analyse critique des conditions de scolarisation, et a servi de base pour l’adoption d’une Résolution du Conseil et des Ministres de l’Education, qui a ce jour reste le texte le plus important concernant les Roms dans l’Union européenne.
Ses travaux, publiés depuis 1967, ont ouvert de nouvelles perspectives de compréhension des communautés roms, par l’examen critique des politiques menées à leur égard, par la présentation du développement des organisations politiques roms, et par la définition de propositions destinées à améliorer une situation difficile.
Quelques publications de référence :
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Minorité et scolarité : le parcours tsigane, Centre National de Documentation Pédadogogique, CRDP Midi-Pyrénées, Collection Interface, 1997. |
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L'accès aux froits sociaux des populations tsiganes en France, Editions de l'École des Hautes Études en Santé publiques, Rennes, 2007. |
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Roms en Europe, Éditions du Conseil de l'Europe, 2007. |
Véritable "fléau de Dieu", Attila (vers 395-453) aurait menacé d'emporter ce qu'il restait de l'empire romain à la tête de ses Huns... Mais la victoire d'Aetius brisa son élan conquérant et sauva la chrétienté occidentale !
S'il n'est pas faux en soi, ce résumé des faits apparaît très réducteur : Attila était un sauvage qui parlait grec, il n'avait pas que des Huns derrière lui, certains de ses hommes étaient chrétiens, l'art des steppes est une réalité...
Fondamentalement, cet épisode de l'histoire appelle à réfléchir sur les rapports entretenus entre peuples nomades et peuples sédentaires : en forçant ces derniers à s'unir contre lui, Attila pourrait passer, à son insu, pour l'un des pères putatifs de l'Europe !
Professeur émérite, université de Metz.
On sait trop aujourd’hui combien notre vie quotidienne est de plus en plus régie par les directives de l’Union européenne au lieu et place du Parlement français.
Cependant cette ingérence de l’UE dans la pratique sportive est survenue tardivement, vers les années 1990 seulement.
Ce retard s’explique par :
- l’indépendance historique du mouvement associatif et sportif.
- Le fait que longtemps la pratique sportive a été perçue comme une activité ludique ou culturelle. Ne relevant pas de l’économie, elle n’était pas concernée par le traité de Rome.
La rencontre avec la CEE, puis avec l’UE a lieu pour deux raisons :
- Le sport est devenu de plus en plus une activité économique et donc relevait de la CEE, puis de l’UE.
- L’UE cherche toujours davantage à créer une conscience européenne, elle pense y arriver en particulier en s’emparant du dossier sport.
Depuis 1990 environ, et surtout depuis le fameux arrêt Bosman en 1995, les instances européennes interviennent sur le principe de la liberté de circulation et sur la question de la concurrence. Finalement, les instances européennes de Bruxelles en arrivent à exercer un rôle déterminant dans l’organisation des sports en Europe et même dans le monde par le biais d’ingérences dans le fonctionnement des fédérations sportives internationales.
Bibliographie récente
A paraître en 2009 : Une histoire de la République fédérale d’Allemagne, A. Colin.
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Les archives du football, Gallimard, coll. Archives, Paris 1989. |
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FIFA 1904-2004, le siècle du football, Edit. française du livre du centenaire de la FIFA, le cherche midi, Paris 2004, (Avec EHRENBERG Christiane, LANFRANCHI Pierre, MASON Tony). |
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La seconde histoire du nazisme dans l’Allemagne fédérale depuis 1945, A. Colin, Paris 2006. (trad. italienne). |
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Les footballeurs professionnels de 1932 à nos jours, (avec LANFRANCHI Pierre), Hachette, Paris 1995 (Trad. chinoise). |
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La balle au pied. Histoire du football, Gallimard coll. Découvertes, Paris 1990, dern. Edit 2000. (trad. italienne, espagnole, coréenne, japonaise, russe, turque). |
On estime à l’équivalent d’une montagne de 2 600 mètres de hauteur les tonnes de déchets dont, pour l’année 2006 en Italie, ont a totalement perdu la trace et qui ont disparu des circuits légaux de retraitement. Ces disparitions parfois à fort risque toxique durent au moins depuis 1994. Où finissent ces déchets ? dans les décharges abusives de la camorra et dans les terres napolitaines qu’ils contaminent. La mafia de Naples et de Salerne y gagnerait plus de 20 milliards d’euros par an. En août 2007, la petite ville de Duisburg et l’Allemagne toute entière découvrent avec stupeur que des tueurs de la ‘ndrangheta, la mafia calabraise, opèrent aussi hors d’Italie pour régler leurs comptes, tuant ainsi six personnes. Derrière ce massacre, une guerre de clans entre deux familles du petit village de San Luca. Jusqu’alors inconnu en Europe, San Luca est en apparence une petite bourgade du sud de l’Italie ; en réalité, idéalement situé entre mer pour les approvisionnements et montagne pour les planques, San Luca est depuis longtemps une plaque tournante du trafic de cocaïne à l’échelle mondiale. Depuis 2007, en Italie, les deux journalistes d’investigation Roberto Saviano, Napolitain, et Lirio Abbate, Sicilien, vivent sous escorte depuis que la camorra et Cosa nostra les ont menacés de mort pour être allés trop loin dans leur dénonciation de la mafia.
Assassinats, menaces, trafics de drogue et autres activités illégales mobilisent l’attention des médias. Mais derrière les « coups d’éclat » la réalité mafieuse est celle d’un contrôle au quotidien des populations vivant sur les territoires mafieux ; la réalité mafieuse est aussi celle de l’auréole d’honorabilité dont les sociétés du crime ont su se parer. L’imagerie de la mafia est encore et toujours celle de l’ « homme d’honneur », du « juge de paix », du médiateur. La mafia a effectivement su entretenir des mythes fondateurs à usage interne et externe en mesure d’associer aux yeux du grand public des valeurs positives à une association criminelle. L’enjeu est de comprendre ce qu’est réellement une mafia et, a contrario, ce qu’elle n’est pas. Ceci suppose de s’intéresser aux multiples facettes de la mafia d’un point de vue sociologique, juridique, historique et économique. Derrière la façade des étymologies plus ou moins fantasmées et des mythes et légendes savamment entretenus par la mafia, la réalité de ces associations criminelles apparaît alors : organisations parfaitement structurées et efficaces, alliant revenus illégaux et légaux, les mafias procèdent à une véritable mise sous coupe des territoires qu’elles contrôlent.
Il suffit de plonger dans le cœur de la réalité mafieuse pour combattre que ces organisations criminelles méritent d’être combattues. Des dispositifs spécifiques – surtout en matière de confiscation des patrimoines mafieux – existent en Italie ; beaucoup ont été repris à l’échelle européenne voire mondiale. Ces dispositifs, pour être efficaces, nécessitent le soutien des organismes nationaux et transnationaux ainsi que des initiatives locales comme les associations anti-racket. Pourtant, on est encore loin d’un anéantissement des mafias. L’accent doit être mis sur une coopération notamment européenne, en particulier en ce qui concerne des activités dépassant les territoires mafieux stricto sensu. Europol et Eurojust ont un rôle à jouer en ce sens mais force est de constater que ces outils européens sont encore bien insuffisants, faute de moyens et faute sans doute aussi de bien percevoir les enjeux propres à la mafia par rapport à des formes de criminalité organisée plus banales.
Clotilde Champeyrache est maître de conférences au Département d’économie et gestion de l’Université Paris 8 – Saint-Denis. Elle est l’auteur de Entreprise légale, propriétaire mafieux. Comment la mafia infiltre l’économie légale (2004) et de Sociétés du crime. Un tour du monde des mafias (2007) chez CNRS Editions.
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Bibliographie sommaire :
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John Dickie, Cosa nostra : la mafia de 1860 à nos jours, Perrin, 2008. |
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Diego Gambetta, The Sicilian Mafia. The Business of Private Protection, Harvard University Press, 1993. |
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Paolo Pezzino, Les mafias, Casterman, 2007. |
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Pino Arlacchi, Mafia et Compagnies, Presses Universitaires de Grenoble, 1986. |
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Giovanni Falcone et Marcelle Padovani, Cosa Nostra. Le juge et les hommes d’honneur, Editions N°1/Austral, 2001. |
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Jean-François Gayraud, Le monde des mafias. Géopolitique du crime organisé, Odile Jacob, 2008. |
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Roberto Saviano, Gomorra. Dans l’empire de la camorra, Gallimard, 2007. |
Les mouvements ouvriers, et particulièrement les syndicats, se sont développés dans des cadres nationaux, construisant ainsi des modèles très différents : le modèle syndicaliste révolutionnaire français, le modèle unioniste britannique, le modèle centralisé-socialiste allemand, … Pour ne prendre que l’exemple du droit de grève, celui-ci s’exerce très inégalement : son usage semblait avoir disparu en Allemagne dans les années 70 alors qu’il atteignait son maximum en Grande-Bretagne, en France et en Italie. Aujourd’hui, tous ces syndicalismes européens sont confrontés au double défi de l’internationalisation de l’économie et d’une construction européenne dont les modalités donnent la priorité au marché. Comment envisager une convergence entre des mouvements syndicaux aussi spécifiques ? Comment poser la question du droit du travail dans une Europe où la diversité des législations pousse au dumping social ? La crise actuelle risque-t-elle d’accroître les divergences, ou au contraire permet-elle d’envisager un rapprochement entre les syndicalismes ?

Michel Pigenet, professeur en histoire contemporaine à l’Université Paris 1, est un spécialiste d’histoire sociale des milieux populaires. Après une thèse sur les ouvriers du Cher, il a publié de nombreux ouvrages et articles sur le mouvement ouvrier français. Depuis une dizaine d’années, il est associé à des équipes internationales qui s’interrogent sur le lien entre le social et le politique. Il a organisé en 2002 un colloque sur Les syndicalismes européens à leur apogée et mené à son terme, en 2007, un programme international de recherches sur le thème « Etats et relations de travail au XXème siècle ».
L'apogée des syndicalismes en Europe occidentale, 1960-1985
sous la direction de Michel Pigenet, Patrick Pasture et Jean-Louis Robert
Paris, Publications de la Sorbonne, 2005
Au vu des contradictions et des conflits de ces 20 dernières années, l’Europe semble incompatible avec les « services publics à la française ». L’hostilité d’une bonne partie des élites bruxelloises à l’égard des services publics est de notoriété publique même si formellement l’Union européenne n’a pas son mot à dire en matière de propriété publique ou privée.
Les règles de la concurrence ont largement servi à déstabiliser les services publics à caractère économique et les services publics en réseau. La roue semble cependant commencer à tourner. La réalité des services publics est commune à tous les États de l’Union même si les formes d’exercice changent. Les règles européennes elles-mêmes doivent admettre le rôle du service public et des conditions de financement dérogatoires.
La crise actuelle peut être l’occasion d’élargir la brèche. Rien n’est bien sûr acquis mais de réelles opportunités existent. D’autant qu’une prise de conscience sociale européenne s’amorce. Mais dialoguer avec nos partenaires, trouver des soutiens nous oblige à porter un regard parfois critique sur les limites de la construction française des services publics.
Secrétaire de la Confédération Générale du Travail
Le bilan du service public en 2020 par Fanch ar ruz (10/2006)
(http://blog.fanch-bd.com/)

L’Europe des nations ou l’Europe des États a-t-elle laissé la place à une Europe des régions ? Les régions sont
-elles l’avenir de l’Europe ? Comment l’échelon régional est-il pris en compte dans la construction européenne ? De quelle Europe rêvent les mouvements régionalistes ? Ce cours a pour objet d’étudier la réalité régionale en Europe au début du XXIe siècle et d’examiner les apparentes contradictions entre les régionalismes, forces centrifuges par définition, et le processus d’intégration européenne, souvent vécu comme un mouvement centripète. En s’appuyant sur des méthodes et des connaissances empruntées à l’histoire, la science politique et le droit administratif, il s’intéressera en priorité à décrire les régions et régionalismes dans les cinq « grands États » européens : France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie et Espagne. Après une réflexion et une définition précise des termes, il s’articulera autour de trois points : d’abord, une présentation des différentes situations régionales afin de mieux comprendre comment est prise en compte la dimension régionale dans l’Europe d’aujourd’hui ; puis, une étude des régionalismes dans l’espace européen, entre nationalisme et européanisme, en tentant de décrire l’Europe voulue par les régionalistes ; enfin, une analyse de la place des régions dans l’Europe en construction, en s’interrogeant notamment sur la politique régionale menée par l’Union européenne depuis les années 1970 et sur la manière dont les régions peuvent influencer l’intégration européenne.
Bibliographie :
Ammon, Günther (dir.), Fédéralisme et centralisme : l’avenir de l’Europe entre le modèle allemand et le modèle français, Paris, Economica, 1998.
Balme, Richard (dir.), Les politiques du néo-régionalisme : action collective régionale et globalisation, Paris, Economica, 1996.
Commission européenne, Quatrième rapport sur la cohésion économique et sociale, Des régions en pleine croissance, une Europe en pleine croissance, Bruxelles, OPOCE, 2007.
Deyon, Pierre, Régionalismes et régions dans l’Europe des quinze, Paris, Éditions locales de France, 1997.
Dufour, Gérard et Jean-François, L’Espagne : un modèle pour l’Europe des régions ?, Paris, Gallimard, « Folio/Actuel », 2000.
Grasland, Claude, Les inégalités régionales dans une Europe élargie , in Chavance, Bernard (dir.), Les incertitudes du grand élargissement : l’Europe centrale et balte dans l’intégration européenne, Paris, L’Harmattan, 2004, p. 181-214.
Kukawka, Pierre, L’Europe par les régions, Grenoble, PUG, 2001.
Le Galès, Patrick, Lequesne, Christian, Les Paradoxes des régions en Europe, Paris, La Découverte, 1997.
Lynch, Peter, Minority Nationalism and European Integration, Cardiff, University of Wales Presss, 1996.
Rézeau, Pierre (éd.), Dictionnaire des régionalismes de France. Géographie et histoire d’un patrimoine linguistique, De Boeck Duculot, 2001.
Diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques (IEP) de Bordeaux et agrégé d’histoire, Matthieu Trouvé est maître de conférences en histoire contemporaine à Sciences Po. Bordeaux. Il est l’auteur d’une thèse sur La diplomatie espagnole face à l’Europe (1962-1986).
Enjeux, stratégies et acteurs de l’adhésion de l’Espagne aux Communautés européennes, à paraître en novembre 2008 aux éditions Peter Lang dans la collection « Euroclio » sous le titre L’Espagne et l’Europe. De la dictature de Franco à l’Union européenne. Ses travaux et articles scientifiques récents portent sur la construction européenne, l’Espagne et l’histoire politique depuis 1945.
Ressources Internet :
Site de l’Observatoire en réseau de l’aménagement du territoire européen : www.espon.eu
Site de la DG REGIO de la Commission européenne : http://ec.europa.eu/regional_policy
Site de l’Assemblée des régions d’Europe : www.aer.eu/fr/
Site du Comité des régions : http://www.cor.europa.eu/pages/HomeTemplate.aspx
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Affiches électorales |
référendum Maastritch source : |
www.france-politique.fr/referendum-maastricht.htm |
Le concept d’identité européenne, très discuté depuis la mise en œuvre des projets européens dans l’entre-deux-guerres, a souvent servi de justification au processus de la construction européenne depuis 1957. Sans entrer dans le débat sur l’existence même d’une « identité européenne », la conférence partira d’une analyse des textes issus du traité de Maastricht, qui fondent la création d’une citoyenneté européenne sur l’existence de cette identité, pour essayer de comprendre les attitudes des opinions publiques face au projet européen. Essentiellement axée sur l’époque très contemporaine, l’intervention reviendra aussi sur les périodes antérieures, afin de mieux cerner les réactions des opinions face à la construction européenne dans la durée. Les opinions, peu passionnées sur l’Europe d’un point de vue électoral, réagissent par des attitudes inattendues lors des référendums sur les grands traités ; mais aussi par des réactions catégorielles sporadiques pouvant se traduire en mouvements sociaux. Pour autant, les opinions semblent se rallier majoritairement au projet européen. Est-ce le signe d’une identité européenne acceptée ? D’une identité européenne en construction ? Dans un questionnement ouvert, la conférence essaiera de revenir sur ces objets.
Laurent Jalabert, maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université de Nantes, chercheur au CRHIA (Nantes), est spécialiste d’histoire politique de la France sous la V° République. Auteur d’un ouvrage, Penser et Construire l’Europe de 1919 à 1992 (avec Michel Catala), Bréal, 2007, il prépare un ouvrage sur Les socialistes et l’Europe (1957-2008), L’Encyclopédie du socialisme (novembre 2008).
On a longtemps parlé, pendant une cinquantaine d’années, de construction européenne. L’Europe de Robert Schuman et de Jean Monnet était portée par le triple souffle d’un projet diplomatique (la paix européenne par l’intégration), d’un espoir de prospérité économique et d’un horizon d’expérimentation politique (créer des institutions voire un « régime » qui ne soit plus fondé sur la base d’un Etat-nation).
Cette triple dynamique a nourri deux grandes périodes d’expansion des institutions européennes : une première qui commence au lendemain de la deuxième guerre mondiale et que vient couronner la signature des traités de Rome en 1957 ; une deuxième que l’on peut faire commencer en 1978 (adoption du principe du système monétaire européen) ou 1979 (première élection au suffrage direct du Parlement européen) et qui se termine en 1992 avec la signature du traité de Maastricht.
Depuis lors, l’aventure de l’Europe semble hésiter et parfois vaciller. On a d’un côté la poursuite de la construction symbolisée par l’adoption de la monnaie unique et de l’autre ce qui ressemble à une véritable déconstruction européenne. Profonde ou simplement conjoncturelle, difficile de le dire, la crise est en tout cas multiforme. Elle est à la fois géographique (l’élargissement qui pose la question des « frontières » de l’Europe), institutionnelle (comment réformer un « régime » devenu illisible) et politique (le fameux « déficit » démocratique).
Il ne s’agira pas ici de porter des jugements à l’emporte-pièce ou de jouer au prophète sur l’avenir de l’Union européenne mais de tenter de mettre au clair les principales données du problème, pour permettre enfin une discussion sur l’Europe.
Nicolas ROUSSELLIER est maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Paris. Spécialiste de l’histoire des institutions politiques (parlementarisme, pouvoir législatif et pouvoir exécutif, formes institutionnelles de la démocratie), il a préfacé le recueil des textes de traités européens, L’Europe des traités. De Schuman à Delors, Paris, CNRS Éditions, 2007
Bibliographie indicative
Marie-Thérèse BITSCH, Histoire de la construction européenne de 1945 à nos jours, Bruxelles, Éditions Complexe, 1996 (1ère édition). |
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Elisabeth Du Réau, L’idée d’Europe au XXe siècle : des mythes aux réalités, Bruxelles, Complexe, 1996 (1ère édition). |
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Bino OLIVI, L’Europe difficile. Histoire politique de la Communauté européenne, traduit de l’italien, Paris, Gallimard, 1998, collection Folio Histoire |
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Dans le cadre de son nouveau cours public consacré à « L’Europe d’hier à aujourd’hui : entre utopie et réalités », l’association Nantes-Histoire ouvre le débat avec cette première conférence. Il s’agit, en s’appuyant bien sûr sur l’histoire, d’aider à comprendre pourquoi des peuples au sentiment européen affirmé peuvent voter Non à des référendums, pourquoi aussi se manifeste, dans certains domaines, une moindre adhésion à l’idée européenne. La conférence ouvre des dossiers comme le territoire, la culture, la démocratie, et n’hésite pas à établir quelques parallèles avec la construction d’autres identités et unités : celles de l’Allemagne, de l’Italie, de la France au 19e siècle. |
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Le conférencier, Alain Croix, président de Nantes-Histoire, professeur émérite des Universités et spécialiste d’histoire culturelle, a publié de très nombreux ouvrages sur l’histoire de la Bretagne mais aussi, moins connus, sur l’histoire du 20e siècle. Il a également conduit la récente publication collective de Nantais venus d’ailleurs. Histoire des étrangers à Nantes des origines à nos jours. Il s’agit donc d’un historien aux curiosités multiples qui appliquera au dossier les méthodes de son métier. |
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Famines et guerres du Darfour à la Somalie : de qui et de quoi la corne de l’Afrique est-elle victime ?
Depuis plusieurs décennies, lorsqu’on évoque la Corne de l’Afrique, c’est pour rendre compte de famines (Somalie, Éthiopie), de guerres entre voisins (Éthiopie/Érythrée) ou de guerres civiles (au Soudan, en Somalie, en Éthiopie). Cette immense région (dix fois la superficie de la France) est-elle victime du réchauffement climatique, à l’origine des sécheresses ? des rivalités ethniques instrumentalisées par les dirigeants politiques ? de l’interventionnisme des grandes puissances, intéressées par sa situation sur l’une des routes maritimes les plus importantes du monde et par ses ressources pétrolières ?
Partant de la situation à l’issue de la période coloniale et des frustrations liées à la décolonisation, Robert Durand tentera d’éclairer des situations complexes. Éminent spécialiste du Moyen Âge, il a longtemps enseigné à l’Université de Nantes. Ses recherches sur la péninsule ibérique l’ont conduit à s’intéresser de très près à l’Islam médiéval, une curiosité encore amplifiée par son excellente connaissance personnelle de la corne de l’Afrique. Il est ainsi devenu un des meilleurs connaisseurs de cette partie du monde trop délaissée par les historiens.
Lectures conseillées
Gérard Prunier |
Gérard Prunier (sous la direction de) |
Fabienne Le Houérou |
Roger Joint-Daguenet |
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Le Darfour. Un génocide ambigu, La Table ronde, Paris 2005 |
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L'Éthiopie contemporaine, Karthala, Paris, 2007 |
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Éthiopie-Érythrée, frères ennemis de la Corne de l'Afrique, l'Harmattan, Paris, 2000 |
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Histoire moderne des Somalis. Les Gaulois de la Corne de l'Afrique, l'Harmattan, Paris, 1994 |
L’Amérique latine contemporaine : persistance de l’ordre colonial ou modernité différente ?
L’histoire politique de l’Amérique latine contemporaine est souvent présentée comme une succession de régimes autoritaires sur fond de pronunciamientos, de coups d’Etat, de révolutions avortées ou triomphantes, de populisme.
Nourri par la littérature, un imaginaire s’est développé autour des figures du caudillo, du guérillero, du général dictateur ou du leader populiste. Les conflits dont le continent fut le théâtre depuis 200 ans semblent parfois se résumer à un combat binaire entre bien et mal. Ce regard simplificateur ne rend pas justice à la complexité des histoires nationales de l’Amérique latine.
En abordant l’actualité contemporaine, marquée par le retour de la gauche au pouvoir, puis en faisant retour sur le moment inaugural des révolutions d’indépendance, il s’agit de proposer une histoire moins fantasmée de la république, de l’État et des formes démocratiques au sud du Rio Bravo depuis 1810.
Ainsi, l’idée d’un échec latino-américain est-il à relativiser, comme l’ont montré certains travaux historiques récents.
On ne peut pas comprendre l’histoire du continent en la rapportant systématiquement à celle de l’Europe et des États-Unis pour en pointer à la fois les naufrages et l’exotisme.
Afin de rendre compte de l’histoire singulière du continent, si loin, si proche, les historiens se sont forgés des outils spécifiques dont on évoquera la nature et les limites.
Clément Thibaud est maître de conférences à l’Université de Nantes et historien de l’Amérique latine contemporaine, a été pendant cinq ans chercheur à Bogota, à l’Institut Français d’Études Andines, et invité dans une quinzaine d’universités en Amérique latine, en Espagne et aux États-Unis.
Il est notamment l’auteur d’un ouvrage sur les armées de Simón Bolívar. Républiques en armes Les armées de Bolivar dans les guerres d'indépendance du Vénézuela et de la Colombie, PUR Rennes 2006
Lectures conseillées
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François Chevalier |
Alain Rouquié |
Pierre Vayssière |
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L'Amérique latine, de l'indépendance à nos jours Paris, PUF, Nouvelle Clio, 1993 |
Amérique latine : introduction à l'Extrème Occident Paris, Le Seuil, Point Essais, 1998 |
Les révolutions d'Amérique Latine Paris, Le Seuil, Points Histoire, 2002 (en sachant que cet ouvrage présente une vision des choses très différente de celle du conférencier) |
Comment rallier une opinion publique à la guerre ?
Les deux dernières guerres d’Irak, notamment, ont parfaitement illustré cette question essentielle. La conférence n’a évidemment pas pour but de donner aux pouvoirs publics comme aux média un petit mode d'emploi de la parfaite mobilisation des esprits en cas de conflit armé ! Il s'agit de comprendre comment, principalement dans le cas français, même si les situations allemande, anglaise et américaine seront aussi étudiées, on a cherché, et souvent réussi, à rallier les opinions publiques à la guerre. Il s'agit essentiellement d'une problématique du 20e siècle, à l'ère où les guerres totales mobilisent un nombre considérable d'hommes au front, ainsi que les esprits à l'arrière ; à l'heure aussi où ce sont, sinon des démocraties, du moins des régimes soucieux de leur popularité qui s'engagent dans les conflits et qui ne sauraient faire abstraction du soutien des citoyens. Seront donc abordés la mobilisation des opinions publiques lors des deux conflits mondiaux, dans le cas des guerres d'Espagne, ainsi que dans la situation plus récente de la guerre en Irak.
Mathilde Larrère est une brillante universitaire (agrégée d’histoire, docteur en histoire, elle exerce à l’université de Marne-la-Vallée et à Sciences-Po Paris) soucieuse de quitter les amphis, les salles de classes et les publics d'étudiants pour d'autres lieux et d'autres attentions : celle de conférences citoyennes et éclairées.
Lectures conseillées :
Fabrice d'Almeida |
Jean-Jacques Becker |
Bruno Cabanes, Jean-Marc Pitte |
François Fontaine |
Benjamin Stora |
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Images et propagandes Casterman, Paris 1995 |
1914 : Comment les français sont entrés dans la guerre FNSP, Paris 1977
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11 septembre, la Grande guerre des Américains Armand Colin, Paris 2003 |
La guerre d'Espagne, un déluge de feu et d'images BDIC, Paris 1992 |
Imaginaires de guerre, les images dans les guerres d'Algérie et du Viet-nam La découverte, Paris 2004 |
La guerre en Irlande du nord : de religion ou de décolonisation ?
Aujourd’hui apaisé – sans qu’on puisse encore avoir la certitude d’un
apaisement durable – le conflit nord-irlandais a provoqué des centaines de morts dans
un pays membre depuis longtemps de la Communauté européenne, et sans que cela émeuve
réellement l’opinion publique. Ce drame humain, économique, social, culturel a en
outre été présenté, presque toujours, comme le lointain et anachronique héritage d’une« guerre de religion » entre protestants fanatiques et catholiques terroristes. Le
rôle de l’historien est d’interroger les faits, et de tenter de percevoir les racines
profondes d’un conflit, et en particulier sa part coloniale.

Jean Guiffan, spécialiste reconnu de l’histoire irlandaise, a notamment publié en 2006 la cinquième édition de sa Question d’Irlande, et une très originale approche culturelle du conflit à partir d’une collecte exceptionnelle de murals, ces fresques militantes qui expriment les revendications, attentes et parfois rodomontades des camps en présence.
Lectures conseillées :
Ouvrages de Jean Guiffan |
Voir également |
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La question d'Irlande |
Irlande du nord : les murs témoignent |
l'Irlande contemporaine de A à Z |
de Pierre Joannon |
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Bruxelles, Complexe 2006
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Morlaix, Skol Vreizh 1998
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Crozon, Ameline 2001
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Histoire de l'Irlande et des Irlandais Paris, Perrin 2006
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Le passé colonial, un passé qui ne passe pas ?
Nantes-Histoire a choisi de revenir sur le thème abordé en octobre dernier, et en tentant cette fois de le saisir du point de vue des colonisés. Le conférencier s’appuie sur un film qui permet de traiter le sujet avec nuances, mais sans concession : le magnifique Force noire, consacré aux tirailleurs sénégalais, produit en 2007 par l’Établissement cinématographique des Armées. La projection sera suivie d’une conférence écourtée, de manière à permettre un débat dans les conditions habituelles.

Le conférencier, Alain Bergerat, longtemps professeur d’Histoire en classes préparatoires aux Grandes écoles au lycée Guist’hau, s’est intéressé pendant plusieurs années au fait colonial.
Quelle mémoire de la guerre d’Espagne (1939-2007) ?
Au printemps de 1939, des centaines de milliers d’Espagnols, hommes, femmes, enfants, fuient l’instauration de la dictature franquiste et se réfugient en France. Enfermés dans des camps, puis affectés à des chantiers de travaux de force, les familles séparées, ils subissent. Certains poursuivent la lutte contre le fascisme en s’engageant dans la Résistance, comme à Nantes, en le payant souvent de la déportation ou de leur vie. Et, après 1945, l’acceptation par les Alliés du régime de Franco détruit l’espoir du retour. Comment la mémoire de ces terribles événements s’est-elle formée et transmise ? Comment les réfugiés se sont-ils intégrés dans la société française ? Comment leurs enfants, leurs petits-enfants, ont-ils gardé, ou non, cette mémoire ? Comment leurs rapports avec l’Espagne ont-ils évolué ? Et pourquoi tant d’écrivains, de cinéastes, d’historiens ont-ils été sensibilisés à cette histoire ?


François Godicheau, agrégé d’histoire et normalien, enseigne à l’Université de Toulouse-Le Mirail. Il a publié de nombreux ouvrages sur l’histoire de l’Espagne au 20e siècle, qui se caractérisent par leur qualité mais aussi leur grande sensibilité.
Lectures conseillées
Parmi les ouvrages du conférencier :
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La guerre d'Espagne :
Les mots de la guerre d'Espagne, |
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Sur le thème abordé par la conférence
Gabrielle Garcia et Isabelle Matas, La mémoire retrouvée des républicains espagnols. Paroles d’exilés en Ille-et-Vilaine, éditions Ouest-France, Rennes, 2005.
Nantes-Histoire, Nantais venus d’ailleurs. Histoire des étrangers à Nantes des origines à nos jours, PUR, Rennes, 2007.
Quelle est la réalité historique des druides ? par Jean-Louis Brunaux
Chacun connaît Panoramix, le druide ami d’Astérix, et chacun croit donc tout savoir des druides : le gui, la serpe d’or, les pouvoirs magiques. Ajoutons à ces idées reçues une bonne dose de celtisme, voire d’ésotérisme. Et si tout cela n’avait strictement rien à voir avec la réalité ? Jean-Louis Brunaux a mené une formidable enquête, à la fois sur la réalité des druides, et sur les mythes qu’ils ont suscité. Une enquête dont la publication bouleverse notre connaissance de ces personnages essentiels de la Gaule. Nous tenons donc là un des meilleurs exemples de l’écart entre la vision commune, nourrie d’un siècle de légendes, et les acquis les plus récents de l’histoire…
Chercheur au Centre national de la Recherche scientifique et archéologue, Jean-Louis Brunaux a publié plusieurs ouvrages sur la civilisation gauloise.
Lectures conseillées 
Sur le thème abordé par la conférence
Jean-Louis Brunaux, Les druides. Des philosophes chez les Barbares, Paris, Éditions du Seuil, 2006.
Pour une mise en contexte
Jean-Louis Brunaux, Les Gaulois, Paris, Les Belles Lettres, 2005.
Qu'est-ce que le communautarisme dans la France du 21e siècle ? par Yves Careil
Tandis que le principe de laïcité perd de son sens, on assiste aujourd’hui en France à une montée en puissance des crispations identitaires. Les changements des trois dernières décennies, en particulier au niveau du capitalisme, se traduisent notamment par le développement de nouveaux processus ségrégatifs dans la ville et à l’école. En s’appuyant sur une formidable recherche menée dans l’agglomération nantaise, le conférencier mettra plus particulièrement l’accent sur la contribution (souvent inconsciente) apportée par le système scolaire et ses acteurs à la montée des communautarismes. Et il évoquera autant les effets de l’islamisme à l’école que ceux d’un « communautarisme social »…
Maître de conférences en sociologie à l’IUFM de Bretagne, Yves Careil est un spécialiste du monde éducatif, sur lequel il a publié trois ouvrages avant L’expérience des collégiens. Ségrégations, médiations, tensions, paru aux Presses Universitaires de Rennes en octobre 2007.
Lectures conseillées
Autres ouvrages du conférencier
Instituteurs des cités HLM. Radioscopie et réflexion sur l’instauration progressive de l’école à plusieurs vitesses, Paris, PUF, 1994.
De l’école publique à l’école libérale. Sociologie d’un changement, Rennes, PUR, 1998.
École libérale, école inégale, Paris, Nouveaux regards/Syllepse, 2002.

Pour aller plus loin dans ses lectures
Castel R., Les métamorphoses de la question sociale. Une chronique du salariat, Paris, Fayard, 1995.
Chauvel L., Les classes moyennes à la dérive, Paris, Seuil/La République des Idées, 2006.
Kepel G., Fitna. Guerre au cœur de l’islam, Paris, Gallimard, 2004.
Maurin E., Le ghetto français. Enquête sur le séparatisme social. Seuil/La République des Idées, 2004.
Pinçon M. et Pinçon-Charlot M., Grandes fortunes, Dynasties familiales et formes de richesse en France, Paris, Payot, 1996.





La légende arthurienne, une imposture médiévale ? par Amaury Chauou
Coqueluche des cours aristocratiques médiévales, légende sans frontières, le roi Arthur est l'un des plus riches témoignages que nous possédions sur l'importance du merveilleux dans l'Occident du 12e au 15e siècle. Mais comment ce personnage central de la matière de Bretagne et des « romans bretons » est-il né, et quel statut la geste arthurienne a-t-elle occupé au Moyen Âge? À la charnière de l'histoire culturelle et de l'histoire politique, l'étude des sources du légendaire arthurien depuis Geoffroy de Monmouth révèle que le rayonnement du fameux roi de Bretagne n'est pas neutre pour l'Angleterre des Plantagenêts, et qu'il y avait de bonnes raisons de faire croire à l'historicité de ses hauts faits. Nous sommes donc, au-delà de l’histoire médiévale, devant un bel exemple de manipulation de l’histoire qui nous ramène à des enjeux très actuels…
Agrégé d'histoire, Amaury Chauou est professeur de Première Supérieure au lycée de Kerichen à Brest.
Il est l'auteur d'une thèse de doctorat sur l'histoire culturelle et politique des Plantagenêts, ainsi que de plusieurs articles et communications sur l'espace Plantagenêt, notamment dans le cadre de colloques organisés à l'abbaye de Fontevraud par le Centre d'Etudes Supérieures de Civilisation Médiévale (Université de Poitiers).12 novembre 2007
Lecture conseillée
La thèse du conférencier a donné un livre : L'idéologie Plantagenêt. Royauté arthurienne et monarchie politique dans l'espace Plantagenêt (XIIe-XIIIe siècles) PUR, 2001.
La Turquie est-elle européenne ?
Hommes politiques voire experts se prononcent, depuis deux ans, « pour » ou « contre » l’entrée de la Turquie dans la Communauté européenne, ce qui est leur rôle. Mais ils le font souvent en s’appuyant sur des « évidences » : la Turquie est, ou beaucoup plus souvent « n’est pas » européenne. La conférence rappelle tout simplement l’Histoire, celle de rapports riches et… complexes entre la Turquie et l’Europe : une histoire dont nous ignorons souvent tout ou presque tout. Bonne manière de permettre au citoyen de faire ensuite le tri entre options politiques et démagogie, entre dossiers étayés et ignorance…
Le conférencier prévu, Bruno Ripoche, a jeté l’éponge ces tous derniers jours. Passons. Nantes-Histoire a souhaite relever le défi, et la conférence sera assurée par Alain Croix. Président de Nantes-Histoire, professeur émérite des Universités et spécialiste d’histoire culturelle, il a publié de très nombreux ouvrages sur l’histoire de la Bretagne mais aussi, moins connus, sur l’histoire du 20e siècle. Il s’agit donc d’un historien aux curiosités multiples qui appliquera au dossier les méthodes de son métier.
Lectures conseillées
La meilleure histoire de la Turquie est celle qu’a dirigée Robert Mantran, Histoire de l’empire ottoman, Fayard, Paris, 1989.
Pour un exemple de livre à thèse (un auteur kurde qui souligne le repli turc sur l’Anatolie), Bozarslan Hamit, Histoire de la Turquie contemporaine, La Découverte, Paris, 2004.
Pour se faire plaisir, l’Histoire de la Turquie publiée par… Lamartine en 1854 (en bibliothèque).
Faut-il condamner notre passé colonial ? par Daniel Lefeuvre
Les débats ont été vifs dans le monde politique et dans la société, en 2006 particulièrement (le fameux amendement sur le bilan positif de la colonisation que la majorité des députés avaient décidé d'imposer aux manuels scolaires...), et plus largement en liaison avec des thèmes aussi sensibles que l'esclavage, le « devoir de mémoire », voire la revendication de « réparation »... La conférence apporte un point de vue d'historien, non pas neutre, mais dégagé des contingences politiciennes ou démagogiques.
Daniel Lefeuvre, spécialiste de l’Algérie coloniale, est professeur d’histoire économique et sociale à l’Université de Paris VIII-Saint-Denis. Il préside l’association Études coloniales, créée en 2006, l’année où il publie un livre au large écho, Pour en finir avec la repentance coloniale (éditions Flammarion). Il a également publié de nombreux ouvrages sur l’histoire du 20e siècle et sur l’histoire de l’Algérie coloniale.
Lectures conseillées
Pour mesurer le travail de recherche du conférencier, Chère Algérie. La France et sa colonie (1930-1962), Paris, Flammarion, réédité en 2005.
Sur le sujet abordé par la conférence, Pour en finir avec la repentance coloniale, Paris, Flammarion, 2006.
Pour aller plus loin, la revue en ligne de l’association Études coloniales
http://etudes coloniales.canalblog.com/
et le blog de Daniel Lefeuvre,
http://www.blog-lefeuvre.com/
Chine d’aujourd’hui : la réforme contre la Révolution ? par Roland Depierre
Voilà 58 ans que la Révolution chinoise s’est imposée, 31 que la Révolution culturelle a pris fin. Aujourd’hui, une part notable de l’actualité chinoise est faite de taux de croissance à deux chiffres, de capitalistes locaux et étrangers, d’élévation du niveau de vie, du creusement des écarts sociaux, de sérieux problèmes d’accès aux soins ou à l’éducation, tandis que le Parti communiste chinois exerce le monopole du pouvoir. Qu’est donc la Chine d’aujourd’hui ? Révolutionnaire ? Capitaliste ? Créatrice d’une voie originale ?
Roland Depierre , philosophe, chercheur, professeur d’histoire et de civilisation de la Chine, y a vécu et travaillé de 1976 à 1983. C’est un excellent connaisseur du pays et de ses évolutions récentes.
Lectures conseillées
Pour une mise en appétit sur le sujet : Thierry Sanjuan, Atlas de la Chine. Les mutations accélérées, éditions Autrement, Paris, 2007.
[Un formidable petit ouvrage pour « tout » savoir sur la Chine d’aujourd’hui]
Pierre Gentelle, Chine. Un continent… et au-delà ?, éditions de la Documentation française, Paris, 2001.
[Synthèse d’un des meilleurs connaisseurs de la Chine sur les changements récents]
He Jiagong, Crimes et délits à la Bourse de Pékin, éditions L’Aube noire, 2005.
[Le polar d’un auteur chinois, inconcevable il y a vingt ans encore]
La Bretagne a longtemps vécu, et vit encore en partie aujourd'hui, sur une mémoire doloriste de la Première Guerre Mondiale, illustrée par le mythe des 250 000 tués. Même si les effroyables pertes de la guerre sont bien une réalité, on peut s'interroger sur les raisons qui ont fait le succès de cette histoire « reconstituée ». Et surtout, ce qui n'a jamais été réalisé, tenter une approche régionale de cette guerre qui tienne compte des essentiels progrès de l'histoire sur ce chantier. La conférence propose donc un regard totalement inédit.
Ce type de monument, inauguré le 31 juillet 1921, est rare en Bretagne. Il ne comporte aucun signe religieux et il est réputé pacifiste : la femme, en costume du pays lorientais, se penche sur des armes cassées.
Didier Guyvarc’h , agrégé et docteur en histoire, est maître de conférences à l’IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres) de Bretagne. Historien-citoyen, il a aussi présidé Nantes-Histoire de 1992 à 2004. Depuis une quinzaine d’années, ses recherches portent sur les questions de la mémoire en histoire, appliquées aussi bien à la ville de Nantes qu’à la traite négrière ou à la Première Guerre mondiale. Il prépare une histoire de cette guerre à l’échelle de la Bretagne.
Lectures conseillées
Pour une mise en appétit sur le sujet : Didier Guyvarc’h, Moi, Marie Rocher, écolière en guerre. Dessins d’enfants (1914-1919), éditions Apogée, Rennes, 1993.
[Un petit bijou, à partir de formidables dessins conservés aux Archives municipales de Nantes]
Parmi les ouvrages dirigés par le conférencier : La mémoire d’une ville. Vingt images de Nantes, éditions Skol Vreizh, Morlaix, 2001 [ouvrage préparé par l’association Nantes-Histoire], ou le classique Guide de l’histoire locale, éditions du Seuil, Paris, 1990.
A Boesinghe, en Belgique entre Dixmude et Ypres, un mémorial rappelle la première attaque par les gaz, le 22 avril 1915 dont ont été victimes les soldats bretons. Le mémorial est composé d'un calvaire venu de Louargat et d'un dolmen de Hénanbihen, une sorte de résumé des images convenues de la Bretagne.
La Révolution française (1988)
Gauche et droite en France, de Bonaparte à Mitterrand (1989)
Nantes dans l’histoire de la France (1990)
Les Nantais dans l’histoire de la France (1991)
Quelle histoire pour quelle Europe ? (1992)
L’héritage de l’an 2 (1993)
Liberté, libertés (1993-1994)
L’histoire et ses légendes. De l’usage des mythes en histoire (1994)
Nantes et la Bretagne (1995)
Exclusion et intolérance (1996)
Tolérance, intégration et métissage (1997)
Refus, résistances, révoltes (1998)
Oublis et oubliés de l’histoire (1999)
La mémoire d’une ville (2000)
Comment peut-on être français ? (2001)
Violences d’hier, violences d’aujourd’hui (2002)
La laïcité : histoire et devenir (2003)
L’Afrique et nous (2004)
Vive la République ! (2005)
Révoltes, résistances et Révolution dans l’Ouest (2006)
L’intégralité des programmes et la liste des conférenciers sont accessibles grâce à la plaquette éditée en 2007 par l’association (disponible lors de chaque conférence, 1 euro).

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